La Trans Martinique 2013 – Le récit

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Updated: janvier 15, 2014

2013. Une année compliquée.
Compliquée à beaucoup de niveau, et notamment de la santé.

L’année débutée par des résultats plus qu’encourageants lors de cross à basculer lors de mon premier trail fin février dans le vignoble Nantais…une bronchite qui tourne à l’infection pulmonaire.
C’est une rapide descente à l’inactivité. Sportive et professionnelle tellement je deviens inapte. 2 semaines cloué au lit, 2 mois sans le moindre entraînement, et une remise en route très progressive.
La forme est loin d’être là lorsque je suis, difficilement dans la voiture, l’Eco Trail de Paris.
Je tente un retour aux Gendarmes et aux Voleurs qui me laisse perplexe. L’état de forme est encore léger, et le temps a raison de ma motivation en berne. J’abdique à 50km.

A l'humidité by Philinox

J’essaye de me remettre dans le bain avec quelques compétitions régionales, que j’arrive à remporter. Ancenis. L’Ile d’Yeu. Une montée sèche à Courchevel.
La forme revient petit à petit. Mais est ce que ce sera suffisant pour le Championnat du Monde ?
Réponse : non. 16ème loin de mes espoirs. Des espoirs 2013 loin, très loin de ceux espérés. Des espoirs qui s’éloignent.
Un bon repos s’impose.

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Je repars sur les sentiers à Courchevel début août pour le X-Trail, et un petit tour de parapente la veille avec l’ami Hervé.
Loin des premiers dans un milieu qui m’est encore délicat. La haute montagne. Et des vomissements qui me collent au corps.

Une reconnaissance qui me fait un bien fou moi qui perdais ma motivation. Trois jours et 170km autour du Mont Blanc avec Pascal Giguet et Julien Chorier. Une belle expérience. J’enchaîne avec quelques jours dans le sud à découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux paysages, de nouveaux sommets. Ca rebooste !
Retour de deux semaines intensives…trop peut être.
Lésion à l’ischio : entraînement à restreindre !
Passage chez l’ostéo, massage…la douleur reste.
Encore deux semaines à Courchevel pour préparer les France de Gap, une course honnête chez Dawa de 22km…une deuxième place en serrant les dents à cause de la douleur…il faut s’accrocher. Y croire.
Retour à la maison pour la dernière ligne droite avant la Gapen’cimes.
Pas de miracle en ce début octobre. 14ème sans pouvoir allonger en descente et avec encore quelques problèmes digestifs, même si ces derniers s’améliorent grandement.

Gapen'cimes Pic de Gleize

Trois semaines plus tard, pas de miracles non plus.
Les Templiers, 9ème.
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J’aurais espéré mieux, mais la saison a été trop chahutée pour faire mieux.
Malgré tout un nouvel espoir. Avec acharnement et avec une équipe de soin au top, un ostéo pointilleux, un kiné aux mains d’or, et quelques huiles essentielles miracles…la douleur à l’ischio a disparue ! Je cours donc les Templiers en pleine forme physique. Il ne me manquera que du volume, mais c’est une course pleine d’espoir.
De l’espoir, il en faut, alors je m’y accroche !

1 mois et demi avant la Trans Martinique. Plus le choix. Il va falloir travailler !
Je remets les couverts à l’entraînement.
Il faut du volume ? Je double mon bilan horaire hebdomadaire !
Il faut gagner en puissance ? Je redouble d’assiduité à vélo.
Progresser : j’innove !
Une semaine de repos post Templiers, quatre grosses semaines de travail malgré le froid local et c’est parti pour la Martinique !
Confiant.
Objectif ? Prendre de l’expérience sur l’ultra en vue de changement d’orientation. Maintenant, ce sera Ultra !

J’ai la chance d’avoir sur cette course parmi les meilleurs gestionnaires de l’ultra. Antoine Guillon et Patrick Bohard. Il va falloir profiter de cette chance !
Une course qui s’annonce magnifique dans un cadre idyllique.

Nous partons une semaine avant sur place, accueilli les bras grands ouverts par l’équipe des Manikou, Pascal en tête, accompagné de Gérard et Eric.
Nous prenons possession de nos appartements de Sainte Anne, à 1’30’’ de la plage, aux cotés de Kirtap, Antoine, Lionel Trivel, Sébastien Buffard. Une belle complicité et beaucoup de partage pour ces « vacances » !

Dès le samedi, lendemain de notre arrivée, j’accompagne Kirtap. Les filles nous laissent à Sainte Cécile, le 4ème ravitaillement de la course, pour une reconnaissance de 25km de parcours.
Une portion « nature » en immersion au cœur de la forêt tropicale !
Nous mettrons 3h pour faire cette portion, entre glissade, passage de rivière jusqu’aux genoux, passage assuré avec cordes. Un moment bien sympa pour se mettre en jambe et découvrir le cœur de l’île.
Pour moi, c’est l’occasion de tester le matériel en condition… tout est ok !
Nous arrivons à Saint Joseph, au PK50 de la course, 6ème ravitaillement avec check up général, où les filles nous récupèrent aujourd’hui un peu « boueux » !

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Lendemain, dimanche. Nous nous décidons pour une nouvelle « ballade-reco ». Je fais celle là avec Céline. 33km au programme sur la côte Sud de l’Ile. Des panoramas magnifiques.
Nous partons, Céline sans charge… moi avec deux Camelbak !
Kirtap, Antoine et Seb, partis un peu après, nous doublent au bout de 5km.
Nous poursuivons tranquillement notre rando-course en bord de cote.
Aucune grosse difficulté si ce n’est … la chaleur… et le sable !
Au final, nous mettrons 5h pour venir à bout de cette longue ballade !

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Lundi, nous débutons la semaine par une excursion à Grande Anse d’Arlet. Poissons tropicaux et tortues avec lesquelles nous nageons… rien de mieux pour récupérer des deux jours précédents… et des 60km couru !
Comme chaque soir, la journée se conclut à l’appart’ avec tout le monde pour un punch local… histoire de s’imprégner de l’île !
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Nous en profitons d’ailleurs le lendemain pour visiter la distillerie de Trois Rivières ! Achat de punch et rhum oblige pour refaire les réserves !

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Ce mercredi, Céline et moi partons en excursion en direction de la presqu’île de la Caravelle. Une petite ballade dans la forêt tropicale le matin, et un tour de la presqu’île sauvage l’après midi.
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C’est sur une petite plage de surfeur, une toute petite plage perdue ici, que je croise trois podologues… de la région nantaise ! Venus pour la course, l’un deux était également là à l’île d’Yeu. Etonnant hasard dans ce petit coin de paradis !

Vient le jeudi. Remise des dossards. Direction Le Lamentin via un coucher de soleil sur la plage. Un régal les pieds dans l’eau !
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Belle remise de dossard agrémentée d’un briefing complet et de la présentation de quelques athlètes. Nous y retrouvons entre autre Christophe Lesaux.
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Un petit pot et nous retournons à nos appartements, pour un dernier apéro pour Céline et moi !

Vendredi. Veille de course. C’est repos et dernier préparatif des sacs ravitaillements et affaires de course.
Nous partons redécouvrir la plage de Cap Chevalier pour profiter un moment de cet environnement de rêve.
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Le soleil se couche. Nous ne le reverrons plus que lors de la course, vers Sainte Cécile, lorsque nous aurons déjà monté et redescendu la Pelée et parcouru plus de 25 km.
Il est temps de manger le dernier repas et de se reposer un peu. Car le réveil est prévu pour 23h45 !
Nous rejoignons le lit à 20h !

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L’excitation de la course faisant, nous ne dormons pas plus de 1h chacun ! Il est déjà temps de se réveiller.
Dur réveil !
Deux trois barres en guise de petit déjeuner, je m’habille, par entasser les différents sacs, change et ravitaillement, dans la voiture, mon Camelbalk de course et mes frontales Led Lenser de coté, pour moi c’est ok !
Céline est prête, nous rejoignons les autres devant l’accueil du complexe hôtelier à minuit précise. Nous récupérons Julia Boettger l’allemande du Team Salomon qui fera route avec nous.
Un petit « imprévu » toutefois… Seb a oublié de se réveiller ! Je vais frapper à sa porte, personne ne répond et aucune lumière chez lui !
Je reviens à la voiture, il n’est pas là…aie !
Finalement, 0h07, le voilà qui débarque ! Boule-quies aux oreilles, il n’avait pas entendu son réveil ! Au moins un qui a bien dormi ! Kirtap quant à lui n’a pas dormi du tout !

Tout le monde est prêt. Nous démarrons. En route pour Grande Rivière, l’extrême Nord de l’île. Nous partons à contre sens de ce que nous devrons redescendre en courant.
Il nous faut deux heures de voiture dans la nuit pour arriver sur le village de départ. Une route qui se termine sous des trombes d’eau sans que nous voyions 20m devant nous !

Nous voilà arrivé ! Stationnement, puis harnachement ! Nous voilà tous prêts, tee-shirt / shirt, Camelbak sur les épaules et Led Lenser sur la tête.
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Nous rejoignons le départ pour le contrôle des sacs. Il se met à pleuvoir à seau !
On nous équipe d’un bracelet portant l’inscription « Benoît », en soutien à ce coureur Breton perdu la semaine passée lors d’un entraînement d’acclimatation dès son arrivée sur l’île.
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Le contrôle des sacs effectué, je prends la température auprès des autres. Avis partagés. Antoine et Lionel partent avec le coupe vent, Kirtap et Seb sans… ils ne l’ont de toute manière pas ici !
J’hésite, et me décide. Ca ne fait pas parti du matériel obligatoire, mais ce n’est pas trop lourd non plus.
Une nouvelle averse me décide définitivement… je repars à la voiture prendre mon coupe vent. Il fera plus froid là haut, et le terrain est découvert.
Et puis je ne suis pas à un coupe vent près, moi qui n’ai pas vraiment pris soin d’optimiser au maximum mon équipement. Malgré un Camelbak bien pensé incluant un sifflet, je prends un rouleau de bande élastique entier ( !!), la couverture de survie habituelle encore emballée, une mini frontale dans le sac pour l’obligation, et deux frontales LedLenser puissantes (H7 et H14) pour courir que je laisserai une fois la nuit passée pour récupérer le soir, une casquette que j’ai glissé dans ma poche arrière de Camelbak, deux sticks Hydrenergy d’Effinov « au cas où …», quelques barres stockées dans mes poches avant de sac, le gilet de signalisation fluo obligatoire que j’ai récupéré dans la voiture de location car je n’ai pas pris soin d’en emmener un de métropole, autant dire un bon grand gilet ! Et j’ai glissé avec tout ça une poche à eau (vide !) de 2 litres dans le sac, étant équipé de deux bouteilles de 50cl dans mes poches avant, mode d’hydratation que je préfère, mais qui me permet néanmoins d’avoir la contenance minimal obligatoire ! Bref… tout y est… et même plus que tout !!

Je reviens tout juste pour me faufiler en seconde ligne du départ. Au pied de mon boudin gonflable de droite… comme à mon habitude !
Nous voilà tous les uns contre les autres… à se réchauffer !
Le compte à rebours est lancé par Pascal, qui lui reste serein sous la pluie !
10-9-8…3-2-1…0 !
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C’est parti. Tranquillement, le peloton s’ébranle. J’y vais tranquille, la piste est longue ! Je reste derrière.
Les feux de Bengale allumés, nous traversons les rues de Grand-Rivière pour un petit tour de la ville. Quelques mètres et nous allumons nos frontales.
Retour le long de la rivière sur les cailloux, passage du fameux pont à Christophe Le Saux où nous attendent nos derniers encouragements et supporters, et nous arrivons sur le début de la piste qui nous mènera à l’autre bout de l’île. La montée commence !

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C’est parti et bien parti !
Nous partons sur une piste autour de 10% où nous trottons groupés. Christophe, Antoine sont devant, Adrien Séguret est également là ainsi que Pascal Leray, un voisin de Loire Atlantique.
La piste devient plus étroite et agrémentée de profondes ornières que nous évitons en sautant. Le peloton s’allonge, et la pente s’accentue progressivement.
Une petite trêve nous permet de souffler lors de la traversée de plantation de canne. Les pieds sont trempés par la traversée d’herbes hautes qui suivent. Tant pis, il faudra faire une course les pieds humides !
Nous arrivons bientôt à 600m de dénivelé positif. Un bénévole nous indique de tourner à droite, nous sommes à une maison forestière. La Maison du Moine.
La montée se poursuit, toujours plus pentue. La végétation se dégage, et l’ascension devient « mur » ! Je me retrouve devant avec Adrien. Nous montons au train. 30m derrière, deux frontales, puis encore un peu plus loin, de nouvelles frontales en file indienne semée le long de la crête. La pluie ne cesse pas. Bien au contraire. Je déplie mon coupe vent que je mets par dessus mon sac pour me protéger un peu de la pluie et de la fraîcheur qui augmente raisonnablement avec l’altitude.
C’est maintenant marche rapide. La pente ne permettant pas de courir. Il n’y a pas de pression, je reste devant, Adrien me laisse mener. Pas de précipitation, je garde un train raisonnable.
La pluie nous trempe par le ciel, et nous pénètre par les chaussures. Nous marchons dans un véritable torrent et courons sous un vrai déluge !! Heureusement, le vent nous pousse.
L’orage s’invite à la fête. Chaque coup de tonnerre résonne dans la montagne et à chaque coup, je rentre la tête dans les épaules, intimidé par la claquement.
Nous traversons une prairie et entamons la phase finale dès que la végétation devient uniquement herbeuse. Le sentier est lui devenu lit de boue inondé.
1000m à l’altimètre… plus que 300m à monter. Pas de répit, bien au contraire, la pente s’accentue. Ce sont des marches de presque 1 mètre qui se présentent à nous ! Les retraités du clan Manikou ont préparé des échelles… heureusement !
Quelques cordes nous aident également à nous hisser… ouf ! Nous sommes en pleine obscurité, et pourtant, alors que nous évoluons sur une crête, je sens qu’il ne faut pas dévier de la trajectoire car de part et d’autre, c’est le « grand noir »… ça plonge direct !
La pente ne s’atténue pas, et enfin, je crois voir un peu plus haut un point lumineux scintillant. Il n’est en fait pas beaucoup plus haut…avec la pluie, la visibilité est très réduite !
Antoine vient de nous rejoindre. Nous voilà à trois ensembles ! L’orage gronde toujours, je suis de moins en moins à l’aise sur cet espace découvert. Nous faisons des cibles faciles !
Rapidement, nous arrivons sur la crête. Fin de 1300m d’ascension !
Adrien passe devant, Antoine le suit, et j’enchaîne tant bien que mal, une main pour me protéger des rafales de vents et de la pluie. Visibilité TRES réduite !
La crête se négocie avec vigilance, à vitesse réduite pour cause de trombes d’eau !
Nous arrivons au refuge de Morne la Croix. Adrien est passé depuis quelques secondes.
Je suis derrière avec Antoine qui m’ouvre la piste. C’est bientôt le début de la descente !

1 ADRIEN SEGURET 1 hr 28 mn 22 s
2 ANTOINE GUILLON 1 hr 28 mn 37 s
3 ERIK CLAVERY 1 hr 28 mn 46 s
4 PATRICK BOHARD 1 hr 28 mn 53 s
5 SEBASTIEN BUFFARD 1 hr 30 mn 41 s
6 PASCAL LERAY 1 hr 32 mn 41 s
7 CHRISTOPHE LE SAUX 1 hr 33 mn 9 s
8 LIONEL TRIVEL 1 hr 33 mn 19 s
9 GUILLAUME VIMENEY 1 hr 34 mn 7 s
10 OLIVIER BOULAIS 1 hr 35 mn 27 s

Nous commençons la descente par une volée de marche en bois où nous restons très attentifs car très glissantes. Elles laissent bientôt place à une descente rocheuse, agrémentée de quelques marches hautes et plans inclinés glissants.
La descente devient un remake d’Aqualand ! Glissade sur les dalles rocheuses les fesses dans l’eau jusqu’à la ceinture, pour atterrir les pieds dans l’eau jusqu’au dessus des chevilles !
Trempé !
Nous dégringolons le dénivelé et Kirtap en profite pour se mêler à la fête. Nous voilà à quatre devant. Nous arrivons groupés ensemble rapidement au premier point d’eau du kilomètre 12,5 sur la crête de l’Aileron. 780m d’altitude, toujours sous la pluie, même si celle-ci c’est un peu calmée.

Quelques mètres de route avant de bifurquer sur la droite. A quatre groupés, Adrien prend les devant et je me cale dans sa foulée. Derrière, Patrick et Antoine temporisent légèrement. La piste est large et descend régulièrement vers le ravitaillement suivant. Juste le temps de refaire un lacet récalcitrant, et je repars avec Antoine et Patrick dans le dos.
Sous les trombes d’eau qui nous arrosent, je les mets en garde contre une flaque au milieu de la piste ! « Faites attention, y’a une flaque, vous allez vous mouiller les pieds !! »… mouais… on est déjà trempé !
Je retrouve rapidement Adrien, au moment de passer un passage pour le moins boueux en bas de la piste. Une petite montée à gravir les pieds dans … la boue ! Vigilance glissade !
Nous en ressortons les pieds marrons, et poursuivons jusqu’au ravitaillement qui se situe quelques mètres plus loin.

15,8km de course effectués. Le ravitaillement de Morne Rouge est baigné dans le noir, les plombs ont sauté ! Pas grave, mes LedLenser éclairent toute la zone !
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Je n’ai presque pas touché à mes bidons… pas vraiment eu l’occasion de me déshydrater au vu des conditions météo ! Je prends juste un sandwich que Céline m’a préparé. C’est un petit déjeuner que j’apprécie bien !
Un peu en avance, je repars en marchant tout en dégustant mon mets. Un peu de solide me fait grand bien !
Je repars lorsqu’Adrien revient à mon niveau, et nous repartons ensemble en trottinant dans le faux plat qui traverse le village de Morne Rouge et qui devient une belle montée. Inconsciemment, je distance mon camarade de course et prends une vingtaine de secondes lorsque j’arrive à la bifurcation suivante où m’attendent deux bénévoles. L’un d’eux est au téléphone et me le tend. Un remake de la Diagonale des Fous où les interviews radio se font par téléphone ?
Non !
C’est la responsable sécurité du parcours qui tient à m’indiquer qu’un peu plus bas, nous traversons un gué qui peut s’avérer dangereux voire infranchissable au vu de la pluie qui est tombée. Elle me demande de ne pas prendre de risque et de ne surtout pas traverser s’il y a le moindre danger. Je le lui promets et redonne le téléphone au bénévole qui reprend la conversation. Ce dernier continue de me mettre en garde. Adrien revient sur moi, avec Patrick et Antoine juste derrière. C’est bon, j’ai assez attendu, on verra bien comment est le niveau de l’eau en bas ! Malgré les paroles du bénévole qui tient à nous accompagner, nous partons devant pour nous rendre compte qu’en bas, le risque est limité. Une corde a été tendue pour nous accrocher sur la traversée, et finalement, l’eau ne nous arrive qu’aux genoux.
C’est bon, je repars ! Adrien me laisse à nouveau partir, je me retrouve rapidement seul.
La course est encore très longue, je garde un petit train régulier tout en me préservant. Nous rentrons tout juste dans la forêt tropicale, et celle-ci peut devenir longue et traître…d’autant plus avec la pluie et la boue !
Rapidement, j’arrive seul au point d’eau de Macintosh, au 21ème kilomètre. Je ne m’arrête pas et poursuis pour cette fois ci changer brutalement d’univers…
La boue. Nous ne tardons pas à la voir ! Incursion dans un autre monde. La végétation s’impose. Quelques bruits d’oiseau nous immergent un peu plus. Les racines s’enchevêtrent et c’est le début d’une danse entre les autres racines. J’ai la chance d’avoir de bons phares !
Cette première portion en forêt doit durer de mémoire une dizaine de kilomètres. Je suis encore tout frais et je prends beaucoup de plaisir à jouer dans ce milieu « nature »… presque vierge ! Un régal !
La trace commence par une belle montée ponctuée de racines glissantes. 1,5km de montée pour rejoindre la crête du Cornon.
Puis 3km au milieu des oiseaux à jongler avec les appuis glissants et irréguliers. Je ne me rate pas…je pose le pied sur une racine, glisse, et chute lourdement sur la main. Aie !
Vive douleur, je me suis écrasé le muscle du pouce… peut être l’os a-t-il pris aussi ? (Ce n’est finalement « qu’un » écrasement du court abducteur du pouce…)
Je repars rapidement, la main crispée et vigilant !
Morne la Piquonne. Le sommet de la crête. Virage à droite pour descente glissante ! Quelques cordes, je descends en rappel tout en glissade !
Je relance lorsque ça court, saute les obstacles, et surprise, dans un virage un peu plus bas, j’entends des voix un peu plus haut, ce sont mes trois camarades de tout à l’heure ! Ils sont finalement juste derrière !
Je continue comme si de rien n’était, en essayant de ne pas être perturbé par leur proximité. Un passage de rivière. Parfait, cela me permet de me nettoyer un peu !
Une nouveauté dans la course. La clarté fait son apparition !
Encore une petite partie roulante, un talus à monter qui me fait déboucher sur le ravitaillement de Sainte Cécile. 27km de parcourus… plus que 106km !

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1 ERIK CLAVERY 3 hr 43 mn 17 s
2 PATRICK BOHARD 3 hr 43 mn 27 s
3 ANTOINE GUILLON 3 hr 43 mn 34 s
4 ADRIEN SEGURET 3 hr 43 mn 39 s
5 SEBASTIEN BUFFARD 3 hr 45 mn 0 s
6 PASCAL LERAY 3 hr 47 mn 36 s
7 GUILLAUME VIMENEY 3 hr 49 mn 57 s
8 LIONEL TRIVEL 3 hr 50 mn 1 s
9 CHRISTOPHE LE SAUX 3 hr 57 mn 55 s
10 OLIVIER BOULAIS 4 hr 4 mn 53 s

Un ravitaillement rapide, je refais le plein de gel, vide deux verres de coca, laisse mes frontales et repars à l’assaut de la seconde section de forêt, et pas des moindres. 23km avec un ravitaillement intermédiaire à la RD1.
L’avantage, c’est que cette portion là, je la connais pour l’avoir reconnue avec Kirtap !
Je ne m’étais pas trompé, je repars du ravitaillement, et Kirtap et Antoine sont une cinquantaine de mètres derrière seulement. Adrien juste derrière. Peu importe. La course est partie, il faut maintenant faire ma course. Rester à l’aise tout le temps, jamais dans le rouge, et garder le rythme.
Ils disparaissent rapidement de mon « rétroviseur ». Ce n’est à priori pas mon point fort que ces parties techniques, mais j’arrive à bien tirer mon épingle du jeu et je ne les vois pas revenir. J’essaie de garder l’allure de reco d’avec Kirtap, un bon repère pour moi.

Je monte le premier Morne sans difficulté apparente, puis le redescend. Nouvelles parties de glissade sur la trace des Jésuites. Je prends mes précautions, la piste pourrait en devenir dangereuse… et une descente sur les fesses ! Une !
La descente devient raide et toujours aussi boueuse, petit moment d’acrobatie.
En bas, deux passages de guet où j’en profite pour une petite baignade de propreté ! Comme neuf. J’en profite pour nettoyer les plaies de ma main suite à un accrochage avec une plante agressive. Petite plaie pour beaucoup de sang !
Les guets franchis, c’est la remontée vers la RD1. Une ascension régulière dans laquelle j’arrive à conserver un bon rythme sans puiser dans mes réserves. Je n’en oublie pas de m’alimenter et vide ½ gel Hydraminov. Je suis bientôt à sec au niveau de mes bouteilles et pas mécontent de voir approcher le ravitaillement suivant.
Voilà les marches que j’attendais, elles annoncent l’approche de la route, et donc le ravitaillement !
Un dernier effort, je poursuis ma montée d’un bon pas et accède enfin à la bande de bitume !
Virage à gauche et me voilà parti dans une petite montée de la RD1 que je cours tranquillement. Ils ne doivent pas être loin derrière, et il reste beaucoup à courir, alors je temporise. Descente et enfin je vois le ravitaillement. Je prépare mes bouteilles.
35ème kilomètre. Je glane quelques encouragements des bénévoles et remplis mes bouteilles.
Je ne traîne pas mais profite malgré tout du ravitaillement pour vider 3 verres de coca !

Le point course :
Erik Clavery 6’ d’avance. Il passe le km 35 à 7h40
A. Guillon / P. Bohard / A. Séguret passés à 7h46
P. Leray passé à 7h50
L. Trivel passé à 8h03
S. Buffard passé à 08h09

Je repars après cette petite halte sur la piste forestière qui descend régulièrement. J’allonge tranquillement et laisse les jambes partir.
La piste est envahie par la végétation et on ne distingue plus que ça et là quelques traces de béton noyé dans les herbes hautes poussées par dessus.
Et puis encore plus loin, la piste devenue monotrace redevient piste, mais la descente devient raide et le sol légèrement glissant.
Malgré les crampons que j’ai sous les chaussures, je régule mon allure pour éviter une survitesse qui m’enverrait glisser sur les fesses sur le béton rainuré !
Une route béton au profil favorable s’offre maintenant et je reprends une bonne allure de footing… en espérant que ce ne soit pas trop rapide pour la suite.
1 kilomètre de cette route et je prends la bifurcation qui m’emmène dans un champ sous le regard de la propriétaire… une vache aux belles cornes !

En bas du champ, un panneau indique le 40ème kilomètre, puis c’est une petite traversée de ruisseau, juste de quoi mettre les deux pieds dans l’eau !
Un bout de forêt et me voilà au travers de hautes herbes à monter vers le sommet. Je mets le mode marche forcée.
Quelques minutes me sont nécessaires pour atteindre ce nouveau sommet, puis il faut… redescendre, naturellement !
Au sommet, je franchis une clôture dans laquelle un passage a été créé, pour accéder juste après à une propriété perdue dans ce petit endroit isolé. Le propriétaire me salue d’un hochement de tête et le chien de ses aboiements.
Je franchis l’entrée de cette ferme, parsemée de dalles de bétons aux ferrailles dépassantes. Je retrouve à la sortie un petit bout de vieille route quelques mètres avant de bifurquer sur la gauche. Un sentier taillé à la machette à travers un écran de végétation. Je me faufile et pénètre dans la forêt.
La prochaine base de vie : Saint Joseph, approche. Mais avant, il y a un point d’eau et la chaleur commençant à arriver, le besoin de s’hydrater se fait de plus en plus ressentir.
J’entame la descente sans problème, d’abord à travers ce bois, en négociant une nouvelle pente en dévers boueux, aidé de cordes, quelques slalomes entre les arbres et poursuis pour terminer dans un champ. J’arrive enfin au bord de la rivière. Un large guet m’y attend. Un nouveau bain de pied bien venu… les chaussures devenaient vraiment sales !
De l’autre coté, un groupe m’attend pour le point ravitaillement intermédiaire. Je refais le plein de mon bidon d’Hydrenergy à moitié vide, et remplis celui d’eau complètement vide. Je bois quelques verres de coca et repars sans perdre de temps. Saint Joseph n’est plus très loin, 7km tout au plus, avec une fin de section plutôt favorable.
Et alors je pourrais me changer, les pieds ont bien besoin d’un peu de sec et propre !
De mémoire, plus qu’une montée et c’est la descente sur Saint Joseph, première base de vie, et fin de cette seconde grosse section. La forêt tropicale, après la Montagne Pelée.
Je reprends une bonne petite foulée sur la portion de route qui m’emmène un peu plus haut pendant 400m. Et puis c’est virage à gauche.
Je passe un portillon pour atterrir dans un champ. Changement de ton. Un mur devant, il faut monter à travers un champ… et quelques vaches qui me regardent de travers !
J’enclenche le mode marche forcée. Je traverse un premier champ, franchi un second portillon, poursuis ma montée. Je laisse à ma droite une ferme juste à coté d’où s’échappent des encouragements à mon attention. Un petit geste de main de loin sans même les voir… je poursuis, mains sur les genoux.
La pente s’accentue, le sol est parfois glissant, quelques marches dans la pente formées par le passage des vaches, et rendues boueuse par les pluies.
Je vois bientôt le sommet du champ, mais la montée se poursuit encore. A l’approche du sommet, où je trace à travers les bosquets, je me retourne par réflexe, pour ne voir absolument personne derrière. J’ai au moins une montée d’avance, ce qui me permettra d’arriver sereinement au prochain ravitaillement à partir duquel le profil m’est plus favorable ! Et je ne me sens pas du tout entamer, voilà qui est de bon augure après les ¾ du dénivelé total avalé.
Enfin là haut, je traverse un bois et pénètre dans une petite clairière.
Un local m’y encourage timidement. Sur la droite, vue imprenable sur la baie de Fort de France et le Lamentin où je me retrouverai un peu plus tard pour m’y ravitailler… dans un autre univers.
Pour l’instant, je franchis la clairière et m’aventure sur une trace au milieu de la forêt.
Des marches sont formées, mais le sol n’est pas glissant malgré sa couleur boueuse. C’est la roche qui est usée et qui forme elle-même les marches. Je m’y engage sereinement et file sans crainte de chute.
Quelques minutes de ce passage à la Indiana Jones et je retrouve une bonne piste en descente qui m’amène direct vers les premières maisons de Saint Joseph.
Le bitume apparaît ensuite. Paradoxalement, il est plus difficile d’avancer ! La pente est tellement importante que je redoute de me retrouver sur les fesses ! D’autant plus qu’il est détrempé…
Je freine tant que possible pour éviter de me retrouver les quatre fers en l’air ! Les cuisses en prennent pour leur grade !
Le pourcentage diminue, et j’en profite pour augmenter la vitesse. Une voiture de l’organisation me suit. C’est Eric. Tout va bien, balisage ok. Il est rassuré, et moi sur la bonne voie. Une portion de plat, je suis à 13,5/14 km/h. C’est parfait et je suis super à l’aise.
C’est maintenant route jusqu’au ravitaillement. Je reste modéré avec une bonne allure sereine. Que du plaisir !
Je cours sur la gauche de la route, la voiture de l’organisation me suit, légèrement (en retrait à droite).
Je me fais surprendre par une voiture qui arrive en face et saute dans le caniveau, contre la haie…rugueuse !!
La voiture passe, je poursuis. Un peu plus bas, virage en épingle, montée sèche ! Je m’y aventure au petit trot, mais décline et poursuis en marchant !
J’arrive rapidement en haut, c’est à nouveau une descente raide. Pas de demi mesure ici !
Dernière montée, celle-ci je la fais intégralement en trottant… l’écurie est en haut ! Fin de cette deuxième section « forestière ».

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Je m’avance vers la salle. Bientôt la trêve.
Avant de pointer, on me dirige vers la douche ! Obligatoire pour cause de leptospirose.
J’en profite pour me nettoyer. J’enlève mon sac qu’on me prend, puis me mets sous le jet.
Je pars pour un début de striptease ! Le tee-shirt en moins, je m’attèle aux chaussures… plus besoin des adizero XT cramponnées. Puis chaussettes. Un bonheur d’avoir les pieds nus et de ne plus avoir les pieds qui macèrent dans leur jus depuis le départ !

Le point course :

« Saint Joseph :
1 ERIK CLAVERY 6 hr 9 mn 8 s
2 PATRICK BOHARD 6 hr 26 mn 2 s
3 ANTOINE GUILLON 6 hr 26 mn 30 s
4 ADRIEN SEGURET 6 hr 27 mn 39 s
5 PASCAL LERAY 6 hr 43 mn 25 s
6 SEBASTIEN BUFFARD 7 hr 2 mn 22 s
7 LIONEL TRIVEL 7 hr 3 mn 4 s
8 OLIVIER BOULAIS 7 hr 26 mn 55 s
9 GUILLAUME VIMENEY 7 hr 28 mn 20 s

10h15 : on apprend que sur le début de la partie roulante, Erik Clavery a mis 16′ d’écart à Patrick Bohard et 17′ sur Antoine Guillon. »

Me voilà en cuissard, propre, je passe au pointage et entre pour le contrôle médical … le tout toujours sous les caméras de CanalSat Caraïbes qui m’accompagnent depuis mon arrivée sur site.

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49ème kilomètre.
Je m’assieds devant le médecin, piqûre sur le doigt pour la prise de la glycémie. C’est ok. En parallèle, prise de la tension… plus problématique… ça ne fonctionne pas !
Quelques minutes passent avant qu’enfin, après 6 ou 7 essais et un second tensiomètre, ils réussissent à prendre la tension… ouf, tout va bien !!
Je cours à travers la salle pour rejoindre Céline qui m’a préparé tout mon ravitaillement. Première chose, se changer… toujours sous le feu des projecteurs !
Je demande à Céline de prendre la serviette et de la tendre… elle me servira de pare-vue !
J’enlève le cuissard pour mettre un short sec. Tee-shirt sans manches, la chaleur allant maintenant crescendo, chaussures adizero aegis, et je remets mon Camelbak. Tout y est, Casquette sur la tête, je m’alimente avant de partir, bois en quantité, et me dirige vers la porte de sortie… avec le bonheur d’être sec !
J’arrive à la porte, sandwich à la main… un rideau de pluie m’accueille !
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Tant pis, je ne vais pas patienter, je m’avance sous l’eau… et en 5 secondes, me voilà aussi trempé qu’à mon arrivée ! J’aurais au moins eu le bonheur de vivre quelques minutes au sec et propre !
Je repars, toujours personne d’arrivé au ravitaillement. J’ai de l’avance. Super !

Je termine mon sandwich amoureusement préparé et reprends une bonne foulée. Maintenant, c’est apparemment profil principalement descendant jusqu’au Lamentin. Ca devrait aller !
Je traverse Saint Joseph pour en ressortir par les ruelles qui me mènent aux premières plantations de bananes.
J’arrive sur les pistes de bananeraies. Eveillé par Sébastien qui l’année dernière avait du abandonner là par une erreur de parcours, perdant 2h pour se retrouver au ravitaillement de départ, je reste très vigilant au balisage.
Descentes, virages, j’ai l’impression de tourner dans tous les sens à suivre la rubalise ! Je me fais confiance et me contente de suivre en restant concentré à garder une bonne allure régulière autour de 13,5 km/h. Ce qui me convient bien sur ces chemins parfois montants, parfois boueux.
L’orientation générale restant plutôt bonne par rapport au Lamentin, je m’inquiète parfois de me voir bifurquer dans une autre direction !
Parfois, une montée régulière mais cassante me surprend… d’accord pour le « roulant jusqu’au Lamentin » !!!
Les kilomètres défilent, sous l’alternance de soleil et de pluie. Malgré tout de moins en moins fréquente.
J’approche du Lamentin, rentre dans les premières maisons, longe un étang, le haut d’un talus non loin de la route, et j’arrive à une passerelle.
Le Lamentin. Je passe au dessus de la route, et m’engage sur la rue rectiligne qui m’emmène directement au ravitaillement. Des bénévoles régulièrement espacés ne manquent pas de m’encourager. Je les en remercie.
Une nouvelle passerelle. Je la franchis. Nouvelle averse pour moi… le ravitaillement est là ! ouf !

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Kilomètre 62. J’arrive à la salle du Lamentin où on nous accueille pour ce nouveau point de réconfort…et de sec !

Le point course :
« Les écarts sont de plus en plus grands que l’on parle des premiers, du milieu du peloton ou des derniers. Entre Saint Joseph et le Lamentin, Erik Clavery a pris au total 13’45 d’écart sur Patrick Bohard, et 14’40 sur Antoine Guillon. »

Céline m’y attend, je ne prends pas la peine de me changer, j’avais prévu un dernier changement avant d’aborder la cote, à Macabou.
Nouvelle étape, je reste dans mon train train. Eau, coca, je laisse mes gels vides pour refaire le plein. Je ne m’attarde pas, Céline me donne un sandwich, je repars.
Je ressors sous le soleil. Comme quoi le temps change du tout au tout en un rien de temps ! Juste le temps de terminer mon « repas » et il se remet à pleuvoir !
Je repars en trottant tranquillement pour reprendre le rythme.
Un tour de la zone commerciale et rapidement je me retrouve dans les champs de bananiers, à longer une rivière. J’ai repris une bonne allure, les jambes répondent bien, même si j’ai un peu accusé le coup depuis l’approche du Lamentin.
Je me raisonne pour ne pas m’exciter et poursuis à mon train. Céline m’a annoncé un quart d’heure d’avance, c’est bien. Mais il reste encore plus de la moitié et il faut être vigilant.
La moitié justement. Ma montre GPS m’indique bientôt 70km. Je suis depuis plusieurs minutes sur les pistes des bananeraies, et bien que la pluie ait cessé définitivement, les appuis sont fuyants. J’essaye de courir au maximum sur les touffes d’herbe pour m’épargner les adducteurs !
Allez, sortir de la bananeraie, et j’arriverais au prochain Morne. Avant dernière difficulté. C’est bientôt la délivrance. La chaleur commence à se faire sentir. Elle se fait vite sentir lorsque la pluie cesse !
67ème kilomètre, j’arrive à la route.
Je regarde mon chrono…8h de course ! J’exulterais presque !!
J’ai encore en tête le temps final qu’ont fait Kirtap et Antoine l’année dernière.
17h09’.
Le calcul est rapidement fait dans ma tête. Pas besoin d’être un grand matheux. 67×2=134, hors il me reste la moitié… et j’en suis à 8h, si je multiplie par deux, j’ai 16h !
Conclusion, le plus difficile étant fait, sur le papier au moins, il n’y a aucune raison que je n’arrive pas à faire moins de 16h !

Dès à présent, c’est mon nouvel objectif. J’oublie partiellement les « adversaires », mon adversaire sera le chrono ! Je serai mon propre adversaire et il faudra que je gère au mieux, que je combatte au mieux ma fatigue pour décrocher les 16h !
Le défi est de taille, ça représente quand même 1h10 de moins que le temps réalisé par Maîtres Antoine et Kirtap. Ce n’est pas une mince affaire !

Allez, je trotte. J’arrive à la route qu’il faut traverser. Deux bénévoles me font la circulation. Je traverse.
De l’autre coté, encore quelques bananiers mais la piste s’élève déjà !
Direction le Pavillon puis le Morne Serpent !
Je cours, je cours. J’arrive à une belle propriété qui domine le centre de l’ile et le jardin de bananiers qu’il représente. Magnifique !
J’enchaine sur une trace qui part à droite. Le sentier semble tracé à la machette. Pas d’erreur, c’est bien l’organisation qui a fait le travail ! Beau travail !
Les appuis sont folkloriques, ça part dans tous les sens, mais j’avance entre les arbres.
Bientôt la fin de l’ascension. Un mur de terre rendue de boue avec les dernières pluies. Heureusement, notre hôte nous a installé des cordes. La pente est très raide, c’est en rappel que je monte, à la force des bras ! Les prochains vont souffrir avec l’accumulation des passages !
J’arrive enfin au sommet…un en moins et 70km de parcourus !
Un petit groupe m’accueille et m’offre un petit ravitaillement. J’en profite pleinement. Il commence à faire bien chaud, les nuages désertant. Je m’hydrate comme il se doit. Ravitaillement en vol et petits mots de remerciement…la course continue !
Maintenant, descente directe vers le François via le morne Serpent.
Un peu de route, puis de la piste, et enfin retour au milieu des bananiers. L’hélico que j’entendais au loin est revenu vers moi.
J’approche rapidement du prochain ravitaillement, réussissant à maintenir une bonne allure autour des 13,5 km/h de moyenne sur cette portion favorable. Je me sens bien après un petit passage à vide suite au ravitaillement du Lamentin.

Les premières maisons de la ville, la route, et enfin la zone commerciale du François. J’y suis !
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Un petit fossé à sauter, je traverse le parking et arrive auprès de Céline qui s’occupe à nouveau de moi à merveille !
Je bois, rebois, coca encore, eau toujours, je ne m’attarde pas, pas grand-chose à faire ici ! Je préviens Céline de mon intention de temporiser sur cette partie. Histoire de garder des forces pour la longue partie de la cote Sud qui m’attend.
Je repars sandwich en main. En alternant marche et course pour digérer.

Le point course :
« Cette avance est différente au François car désormais Erik, arrivé à 12h08, pointe avec 21′ d’avance sur Patrick et 22′ sur Antoine. Antoine tente de recoller à Patrick. Erik semble commencer à accuser le coup. Le rythme de la course est très élevé avec plus de 40mn d’avance par rapport à 2012 et avec de la boue.
Il faut savoir que le niveau d’Erik explique cette avance par rapport aux autres années. Il se permet même de faire accélérer le rythme de nos bénévoles, qui montent les ravitaillements.
Derrière, Patrick Bohard semble dormir debout, et Antoine Guillon en très grande forme. »

Je traverse à nouveau la route. Une voiture de police me laisse passer, et j’accède à une nouvelle plantation. Celle-ci aboutit à une belle propriété. C’est un domaine magnifiquement entretenu. Le domaine Acajou.
Je le contourne en suivant les rubalises. Aucun problème pour suivre le balisage.
Celui-ci m’emmène à nouveau sur de nouvelles pistes. Plantations de canne cette fois !
Petit moment de déconcentration, je heurte un caillou du pied ! Vive douleur dans le gros orteil…je stoppe net, ca me lance trop !
Une voiture avec Eric de l’organisation, le chef de la logistique, s’arrête sur la route que je suis prêt à retrouver à une centaine de mètre de moi.
Je ne cogite pas longtemps. L’orteil martyrisé depuis 80km n’a pas apprécié ce coup de butoir ! Je retire immédiatement ma chaussure, puis ma chaussette. Je prends une épingle de mon dossard et m’attaque à l’ampoule qui c’est formée sous l’ongle…Système D déjà approuvé !
Je n’arrive pas à percer l’ampoule, mais l’ongle commence à noircir ! Je remets chaussette et chaussure et repars clopin-clopant ! Une décharge me lance à chaque foulée.
J’arrive à la route en boitillant, Eric est reparti à mon approche.

Je prends à gauche sur la route. La dernière difficulté est devant moi. Quelques mètres de route pour arriver au pied de la redoutable Montagne du Vauclin.
Redoutable parce que la chaleur ne m’épargne maintenant plus du tout.
Redoutable parce que la route bétonnée qui me conduit là-haut sur les 500m de dénivelé n’offre aucune n’ombre.
Redoutable parce que cette même bande de béton est très raide, approchant (voir dépassant ?) les 20% !
Et à cela s’ajoute les 80km déjà dans les jambes !
La déshydratation s’accélère.
La Dumaine, je commence la rampe, prenant d’entrée un rythme de marche rapide, le plus rapide possible tout au moins !
Une voiture me double, deux femmes à l’intérieur… « On t’attend en haut avec de l’eau ! » Une belle carotte que je saurais apprécier. Je parle de l’eau…là je ne pense qu’à de l’eau…boire … se réhydrater !
Première étape : Morne Valentin… rien de romantique pour moi à ce moment ! Ah si… une femme, que je crois reconnaitre de la voiture, m’offre de l’eau justement ! J’accepte avec grand plaisir ! Vide un verre seul pour en laisser aux autres ! Mais m’offre le luxe d’un second verre sur la tête ! Se réhydrater… et refroidir la machine !
J’adore la chaleur ! Petit replat. Brève échappée, je relance en trottant.
Pas bien longtemps, je poursuis, j’enchaine les Mornes sur cette ligne de crête que parcourt la route. Nouveau ressaut, Morne Acajou. Magnifique point de vue sur la mer… et sur ce qui m’attend ensuite…la montée finale !
Petite descente. Je cours.
Une nouvelle voiture me double et le conducteur ne manque pas de m’encourager. Merci.
A nouveau de la montée. Morne Baldara… ça monte, ça monte… très raide… très chaud. Mais petit réconfort, de taille…la vue est incomparablement belle ! Toute la cote Est de l’ile s’offre à mes yeux sous un temps magnifique. Superbe !

Je ne m’enflamme pas. J’étais partis dans l’intention de toujours tout faire régulier et sans sur régime, et j’ai dit à Céline que je temporiserai, alors je m’y tiens au mieux.
Morne Grosse Roche. 85km…plus que 200m de dénivelé à grimper.
Une nouvelle relance. Ephémère récompense pour partir sur la montée sommitale.
J’arrive au point d’eau intermédiaire. Des encouragements en masse. C’est dur. Mais c’est bon !
Des brins de récompenses qu’on aime glaner tout au long du parcours. Ephémères mais rendu tellement intense par l’effort.
C’est le pied du chemin de croix.
Je m’arrose, je bois encore. Quelques petites secondes de répis, c’est déjà reparti.
Le pied du mur. Le chemin de croix le plus dur que j’ai pu voir jusqu’à aujourd’hui ! Un calvaire !
Mains sur les cuisses, je monte le talus pas à pas, en zigzagant dans la pente pour créer des lacets et atténuer la pente. J’ai l’impression d’être dans les vapes, je regarde derrière pour voir si quelqu’un d’autre arrive, ne connaissant pas réellement mon écart, celui-ci fluctuant au gré de la personne qui me l’annonce, s’échelonnant de 30’ à 10’ !! Quand même !
En haut ce sera la délivrance. On nous a annoncé 8 numéros avant d’arriver au sommet…il défile…lentement. Mais il défile et l’objectif d’atteindre la 8ème stèle me motive.
Courbe à droite…7ème…
J’arrive aux arbres, quittant les agressions du soleil.
8ème stèle ! C’est bon ! Je suis en haut. La Montagne du Vauclin est vaincue !
Un faux plat descendant m’amène à une chapelle, puis c’est le début de la descente. Exercice de style sur cette pente de boue. Des cordes ont été placées. J’essaye d’esquiver en prenant le plus à l’extérieur possible ou quelques feuilles stabilisent un peu mes pas, mais je n’échappe pas à quelques glissades et mains au sol !
Chaque pas me rappelle à mon bon souvenir de mes pieds blessés !
La souffrance fait elle partie du bonheur de l’effort ?

Le toboggan de boue franchi, je retrouve un bout de route qui me permet de me relancer. L’hélicoptère revient vers moi. Je cours du mieux que me le permet mon pied, mais la douleur s’estompant, je reprends une foulée convenable.
Un besoin urgent…je suis contraint de m’arrêter, deux voitures, je me calle entre mais ne traine pas…le quartier est habité et la posture n’est pas vraiment flatteuse !
Un petit faux plat, je marche pour récupérer, mais l’hélicoptère me motive à repartir…je ne le sais pas mais tout est filmé en direct et certains doutent de mes capacités à finir la course ! Mais non, tout va plutôt bien…enfin je m’oblige à le croire !
Et oui, je quitte la route, retrouve la piste, et les jambes se délient. La foulée retrouve de son entrain, je me sens bien, les barres mangées juste avant me reboostent, c’est reparti !
Le chemin est parsemé de flaques, je n’en loupe pas une ! Je me fais un plaisir à sentir l’eau fraiche sur mon orteil explosé ! C’est parti !

La vitesse est très bonne. Plus de 13 km/h ! Je longe un lac…j’ai la forte envie de m’y plonger…non, quand même, un peu de sérieux !
J’avance sur un bon rythme, le ravitaillement du Vauclin est tout près.
Je vais franchir un guet…mon plus grand bonheur, se baigner les pieds en entier !!!
De l’autre coté, j’ai la surprise de voir une équipe de Canal+. Je pénètre dans l’eau…surprise ! Un peu diverti par leur présence, je suis trahi par une dalle béton très glissante, et je m’étale de tout mon long dans la rivière !
Petite peur pour grand bonheur !
Tant qu’à y être, j’en profite pour mouiller ma casquette et me rafraichir ! L’équipe est confuse, pensant que la chute leur est due !
Avec le sourire, je leur dis avoir fait exprès de plonger…j’avais un peu chaud !
De l’autre coté, l’équipe vidéo m’accompagne, le commentateur à mes cotés … commente ! Il m’interroge, me gratifie d’éloges. Je réponds avec plaisir…sauf que à nouveau, je m’éloigne de ma course et fait un tout droit ! C’est un technicien qui me reprend et me remet sur le passage qui marque l’entrée au ravitaillement.
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Je contourne le terrain de foot et me dirige vers Céline, qui comme à son habitude, m’attend à l’entrée du ravitaillement et m’oriente à grands mouvements de bras !
Je réponds à une dernière question et me dirige vers elle en marchant.
Je pointe auprès des commissaires et traverse la zone de ravitaillement tout en passant par les tables pour descendre quelques gobelets de coca !
Je rejoins le QG installé par Céline et m’y assieds. Elle m’indique l’écart du point précédent…20’. Bon, l’avance était appréciable. A voir comment celle-ci a évolué sur cette section où peut-être j’ai pu perdre du temps notamment dans l’ascension du « Vauclin ».
J’apprendrai au pointage suivant que finalement l’écart a encore augmenté en ma faveur !

Je mange un peu, bois, remplace mes gels Effinov vides par de nouveaux, rebois, le tout pendant que Céline refait le plein de mes bouteilles. Comme d’habitude. Une d’eau, une d’Effinov. Elle s’adapte juste à mes envies du moment… « Agrumes ou menthe ? »…cette fois ci ce sera agrumes !

Le point course :
« Vauclin PK93 :
Dès que l’on aperçoit l’hélicoptère, on sait que le premier doit être en dessous.
Effectivement Erik Clavery est arrivé au Vauclin avec l’équipe de Canal + sur le dos.
Il paraît mieux qu’au François. Il a très vite mangé (peu) puis est reparti rapidement.
Derrière, Patrick et Antoine arrivent ensemble. Antoine est surpris de la vitesse d’Erik car il était sûr qu’il allait ralentir. Mais il en faudra plus pour Antoine puisqu’il annonce devant tout le monde qu’il va accélérer maintenant pour tenter de revenir sur Erik.
1 19 ERIK CLAVERY VAUCLIN 2013-12-07 14:12:03
2 2 PATRICK BOHARD VAUCLIN 2013-12-07 14:42:50
3 1 ANTOINE GUILLON VAUCLIN 2013-12-07 14:42:59 »

Je réponds mécaniquement aux questions du speakeur de Canal+, du coup perds encore en attention, et c’est Céline qui me dicte à la perfection ce que je dois faire. Elle me tend l’eau, je prends la bouteille et m’arrose abondamment, je bois une derrière rasade et repars une banane en main. Je lui lance le reste en repartant et sors de l’enceinte en courant, en compagnie de la caméra et du speakeur qui, ne devant pas être un grand athlète, n’hésite pas à commenter un « Ca va très vite, j’avoue avoir du mal à suivre…c’est un surhomme !! » … bon, l’allure ne devait être « que » de 12 / 12,5 km/h !!!

C’est reparti ! Dernière incursion à l’intérieur des terres pour une section de 10km avec 300m de dénivelé positif (et donc la même chose en négatif !). Nous passons entre le Morne Bellevue et le Morne Hervé par un chemin entre les arbres qui offre un peu d’ombre. La montée me permet de garder une petite foulée régulière. Je me sens à l’aise dans ces pourcentages.
Arrivé au col entre ces deux Mornes, la vue s’ouvre sur la baie de Macabou et sur les éoliennes au pied desquelles je dois passer bientôt.
Encore une bosse que je fais en marchant car cette fois-ci trop pentue. La vue est splendide !
Quelle course !

Avant le sommet, le chemin redescend. Je reprends rapidement une bonne allure de course. J’allonge. Les jambes sont encore très bien musculairement malgré les 5000m de dénivelé… et les 95km !

Je traverse un guet dans lequel je ne manque pas d’immerger ma casquette. Nouveau rafraichissement appréciable dans cette nouvelle partie en plein soleil.
Je retombe sur une route pour quelques mètres.
Et puis, Une flèche sur la route m’indique un portail. Direction les éoliennes à présent !
Le portail est … bien attaché !!
Avec un peu de patience, j’arrive à défaire le nœud, j’ouvre et franchis le portail, et prends soin de bien le refermer avec un beau nœud !

Là, la punition ! La piste goudronnée monte droit dans la pente ! C’est marche obligée ! Le soleil ne m’épargne pas et me tape sur la tête. Avancer…
Heureusement, avec un brin de patience, la montée s’effectue rapidement, ce n’est « qu’une » soixantaine de mètres à gravir !
Je relance en courant dès que celle-ci est terminée, et repars, cette fois droit vers Macabou ! J’arrive à la route, la traverse en suivant les conseils des commissaires, et tourne à gauche sur la longue, très longue piste en plein soleil qui mène vers Macabou.
Plus de 2km de large piste. Quelques voitures me dépassent, tout en m’encourageant… ou peut-être en me prenant pour un fou ?
Je poursuis sur mon train mécanique et régulier, autour des 13 km/h. Une allure dont je suis très satisfait… après 100km !

J’approche du ravitaillement. Une nouvelle étape se termine. Celle que j’ai nommée pour moi « l’étape de transition », celle où il a fallu traverser tout le centre de l’ile et les cultures. Celle où il fallait encore s’économiser avant la « dernière ligne droite », le long de la côte.
…cette dernière étape qui je l’imaginais pouvait m’être favorable, à condition d’avoir su garder suffisamment de potentiel physique et mental.
Le mental, aucun doute, il est là !
Le physique, il est un peu entamé, mais c’est bien normal après 100km, les autres coureurs ne doivent pas être bien plus frais ! Donc… pourquoi pas !

J’entre dans le bois qui borde la mer. Mais le ravitaillement n’est pas là…mince ! Je me suis trompé ? Est-il plus loin ?
Je poursuis tout en allant de rubalise en rubalise.

Non, j’étais impatient ! Il n’est que 400m plus loin ! Ouf !
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Et qui m’attend ?
Céline ! Elle m’encourage et me fait de grands signes. Les bénévoles sont surpris de me voir arriver si tôt !
Les tables n’étant pas prêtes, Céline me dirige vers la voiture garée de l’autre coté de la piste.

Je regarde ma montre, 100,2km, 12h14’.
Super satisfait !
Pour mon « défi » improvisé de moins de 16h, il me reste donc 33km à courir en moins de 3h45. C’est largement jouable maintenant que le dénivelé est très faible (il reste 300m.)
Nous avions mis 5h avec Céline, en marchant parfois, avec pause photo et détours… alors c’est faisable !
Au moment où je rejoins Céline… ma montre s’éteint ! Plus de batterie !
Mince ! Mais bon, maintenant, je connais le chemin et sais ce qu’il me reste à faire, l’ayant fait quelques jours plus tôt !

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Je m’assieds sur le siège arrière de la voiture, et entame un changement de chaussures.
Le troisième qui était prévu.
Nouvelles chaussettes…ahhh…
Nouvelles chaussures…ahhhh
Je mets pour cette dernière partie mes adios boost… faites pour la route, légères mais avec une belle technologie, j’y suis confortable.
Je bois à nouveau, prochain gros ravitaillement dans 17km !
Avant de partir, je prends une grande bouteille d’eau à Céline qui pendant ce temps m’a remplacé mes bouteilles du Camelbak, et me la vide sur la tête …
C’est malin…j’ai à nouveau les pieds trempés !!!

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Mon poignet nu, je réalise que je n’ai plus de point de repère temporel, je demande donc en express à Céline sa montre. Au moins que j’ai l’heure !
Nous sommes partis à 3h…il faut juste arriver avant 19h !!!

Je repars. On m’annonce une avance autour des 37’ ! Génial !
Céline m’encourage dans mon dos, les équipes vidéo m’accompagnent quelques mètres, et au bout de la ligne droite, je m’aventure sur le sentier côtier et me retrouve seul.
Le seul hic, c’est que le sentier côtier fait rapidement place à … la plage !
Grande Anse de Macabou … 1km de plage !
Je cours patiemment, toujours avec en tête de garder mon allure économe.
La fin de la plage approche, une petite transition sur la cote rocheuse dégarnie avant de revenir sur la plage, celle d’Anse Grosse Roche, mais j’abandonne celle-ci avant la fin, bifurquant pour rattraper le chemin à l’intérieur de la forêt… à l’ombre !
Petit chemin sympathique dans lequel je m’amuse comme un fou. Bientôt j’arrive au point d’eau intermédiaire d’Anse Baleine.
Je ne m’arrête que le temps de boire deux verres.
Contournement du Cul-de-Sac Ferré. Incursion dans un passage de mangrove !
A l’entrée, une femme de CanalSat avec un homme m’attendent…je les salue, la femme me dit qu’il va me suivre, et me demande de ne pas le tuer !
Pas de problème !
Dans ma course et pas vraiment très physionomiste, je ne prête pas attention à mon compagnon de route, bandé à la cheville.
Il m’accompagne, on échange quelques paroles…Il me raconte sa journée.
Je comprends qu’il a du arrêté le matin car il c’est tordu la cheville…dans mon esprit il a abandonné et souhaitait suivre le premier un peu. Pourquoi pas…
Mais à force d’échange, il me dit qu’en fait il est consultant pour CanalSat et qu’il court « sous » l’hélicoptère pour l’orienter.
Effectivement, j’entends l’hélicoptère approcher et lui crier dans son micro pour indiquer l’endroit où nous sommes.
D’accord ! En fait, il m’accompagne et doit m’interviewer avec film hélico ! Ca s’éclaircit dans ma tête !
On traverse la mangrove à allure modérée. J’ai un peu ralenti pour temporiser, lui s’égosillant dans son micro.
Et puis nous sortons de la mangrove. L’hélico passe à coté de nous et peut enfin nous voir, nous ne sommes plus sous couverture…mais non, il ne nous voit pas !
Il commence à insulter les gars de l’hélico, et nous nous arrêtons de temps en temps. J’enlève ma casquette, fait des grands signes de bras avec lui…mais rien n’y fait, l’hélico ne nous voit pas !!!
Enfin, à Trou Cadia, l’hélico nous trouve ! On peut avancer sans s’en préoccuper ! Dans les parties techniques, je l’attends patiemment…et nous repartons ensemble lorsque ça court.
Nous revenons sur les baliseurs et entamons une bosse. Là c’est la sanction.
Mon manque de concentration me punit directement. Déconcentré par mon accompagnateur, je n’ai pas été vigilant sur mon alimentation.
Ce manque de vigilance me coûte une hypoglycémie ! Je mange une barre et enchaine sur du gel. Il faut faire vite. Recharger les batteries avant que ce ne soit trop dramatique.
Malheureusement, ça tombe mal. En pleine bosse. Mains sur les genoux, je suis cloué sur place ! Un nouveau chemin de croix !
Ces 30m de dénivelé, ridicule, me semblent pourtant très longs ! Comme quoi il vaut mieux être bien lors des ascensions au risque de perdre énormément de temps !
Un point positif, la cote n’est pas trop longue et mon calvaire se termine. Je reprends à petite foulée pour me remettre progressivement. Tout en continuant à m’hydrater, ma punition est levée au fil des minutes, et je retrouve en un quart d’heure un peu de lucidité. Je l’ai échappée belle. Mais maintenant vigilance, et après le cap Ferré je décide de laisser mon compagnon pour me concentrer sur ma course.
J’apprendrai à l’arrivée en montant sur le plateau de CanalSat et en le retrouvant qu’il s’agissait…de Marc Raquil ! (Champion du monde relais 4x400m et vice champion du monde individuel sur 400m !)

Je le distance rapidement et poursuis mon chemin au fil des plages et des sentiers en sous bois et sous les cocotiers !
J’enchaine les plages et bientôt arrive à Cap Chevalier.
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Je reconnais les belles plages d’Anse au Bois et Anse Michel, passe devant les restos sous le regard étonné de certains plagistes.
Je poursuis mon chemin, sors du site avec un panneau m’indiquant 115km de parcourus. Je suis sur la bonne voie !
Une petite passerelle pour accéder au parking, et j’entame une petite portion de route qui me mène, en faux plat montant jusqu’au ravitaillement de Cap Ferré.
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En haut de la route, en face l’entrée au ravitaillement chez un privé qui ouvre ses portes pour offrir un refuge au coureur, Céline me fait de grands coucous, sourire aux lèvres…je suis toujours là !!
La Virginie, comme depuis le départ, m’encourage dans sa légendaire discrétion ! Un bonheur d’être accueilli ainsi !
Je rentre dans la propriété, monte jusqu’à la varangue pour pointer, m’avance vers les tables pour boire quelques verres de coca et redescend pour changer mes bouteilles auprès de Céline.
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Il ne reste plus que de l’arôme menthe. Tant mieux, c’est ce que je voulais !
J’ai encore suffisamment de gel, je ne prends donc qu’une banane.
J’apprends par la suite que j’ai le même écart qu’à Macabou malgré mes déboires nutritifs. Je ne peux que m’en estimer heureux…et peut être chanceux ! Une quarantaine de minutes donc !

Et me voilà reparti après avoir rangé dans mon sac ma casquette et récupéré mes frontales pour la fin de course en nocturne.
…ah oui, j’ai quand même depuis le départ une petite frontale (obligatoire !!) au fond de mon sac. Même si je ne l’ai jamais utilisée…
C’est reparti. Je quitte mon assistance exceptionnelle pour la dernière section. Je sais que je ne reverrai plus Céline avant l’arrivée, et l’émotion m’envahit à la pensée d’un dénouement heureux…enfin !
Un dernier au revoir et je m’engage sur la une belle piste caillouteuse.
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Il me reste environ 17km. Ma montre vient de passer tout juste les 17h. Il me reste donc un peu moins de 2h…ce qui fait théoriquement ( !) 8,5km/h de moyenne à réaliser pour faire moins de 16h de course ! Logique !
Bon, il faut continuer à ce rythme !

J’arrive bientôt à la Baie des Anglais et pénètre dans une nouvelle mangrove. Quelle variété dans les paysages depuis le matin !
J’en ressors, il fait toujours jours, mais le soleil commence à se rapprocher de l’horizon !
Une Led Lenser H14 autour de la ceinture, une H7 prête à être mise autour du front, je suis prêt à affronter la nuit !
Je ressors de la mangrove, un bout de chemin tondu à travers une savane, puis je passe une pointe pour retomber sur une plage. La dernière. Anse Trabaud.
Au bout, je retrouve la piste, les appuis sont bons.
Je lève les yeux.
Au loin, un fanion, au milieu de la Savane des Pétrifications, au bout de la Pointe d’Enfer. C’est mon nouvel amer !
Je rentre dans la Savane. Paysage de roche volcanique ancestrale. Un autre monde.
La Savane franchie, changement de mer ! J’ai laissé la côte Est et l’Océan Atlantique pour la côte Ouest et … la mer des Caraïbes…mer au nom de rêve !
Le soleil est couché, je poursuis aux dernières lueurs et m’approche de l’embouchure de l’étang des Salines.
C’est une belle portion, mais les quelques chaos rocheux rendent mes pieds sensibles et douloureux.

Le pont avec ses rochers qu’il faut sauter pour traverser la passe apparait.
L’obscurité tombe, ce sera mon dernier obstacle sans frontales.

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L’eau y est plus haute que lors de notre passage avec Céline. Délicat !
Il n’y a personne, mais je crains d’être obligé de me mouiller les pieds, même en restant sur les rochers !
Je vais sur le premier, saute sur le second…m’aventure sur le troisième…mais c’est la chute !
Mon pied de réception glisse, et je me retrouve à faire le grand écart entre les deux rochers…pour finalement me retrouver dans l’eau…jusqu’à la ceinture !!
Je me relève, remonte sur le rocher, arrive sur le pont et passe les rochers de l’autre coté qui m’amènent sur la rive opposée… mais l’entre jambe est à vif, et l’eau salée rend les chairs sensibles ! Très sensibles !
Je repars tant bien que mal, en courant jambes écartées pour limiter les frottements. C’est très douloureux !
Au bout de 50m, je passe sous un bosquet. Il est synonyme de début de seconde nuit pour moi. J’allume mes frontales. Ma LedLenser H7 autour du front, ma H14 autour de la ceinture.
C’est parti pour une dernière heure en nocturne.
Heureusement pour moi, le ravitaillement suivant est à moins de 2km. C’est bien assez long pour moi, avec mon entre jambe irradié !
Je slalome entre les arbres le long de l’Etang des Salines, pour enfin sortir de la zone, une nuit d’encre pour seule compagne.
Je ne tarde pas à voir une lueur en fond, avec un brin d’animation. Ca y est !
Ravitaillement ! 127ème kilomètre ! Il n’en reste plus que 6…
Je m’en approche, toujours en courant jambes écartées.
La chaleur c’est atténuée avec la nuit, la déshydratation avec. Je n’ai même pas encore complètement vidé mes petites bouteilles.
Ma première préoccupation, en arrivant au ravitaillement avec un petit « bonsoir », et de prendre un verre d’eau…pour me le verser sur mon short salé !
Je termine finalement ma toilette avec une bouteille d’eau !
Quel bonheur !
Je bois quand même mes deux verres de coca et un peu d’eau, refais la mise à niveau de mes réserves, et je repars dans l’obscurité comme je suis arrivé, avec les chaleureux encouragements des bénévoles.
La piste sur laquelle je cours se poursuit par une route béton. Au bout de la baie, une petite bosse. Mes douleurs se sont amplement atténuées, mais cette petite montée après tant de plat, et à proximité de l’arrivée me donne l’excuse d’une petite pause marche ! Je souffle donc une trentaine de secondes tout en marchant avant de repartir en galopant. Une voiture avec deux personnes du ravitaillement arrive à mon niveau et me suit en m’encourageant. Je garde une bonne allure autour de 12,5km/h.
Grande Anse des Salines. Il y a de l’animation sur la piste côtière qui borde la plage.
La voiture qui me suit me lance ses derniers encouragements et je file vers la forêt tandis qu’elle file par la route vers l’arrivée.
Des jeunes font la fête. C’est samedi soir !
Je trace tout droit, sans me préoccuper d’autre chose que de maintenir mon rythme. Je m’imagine le regard curieux et interrogatif de ces spectateurs de fortune.
Un normand m’encourage en me donnant rendez-vous à l’arrivée.
Ah…certaines personnes sont là pour la course aussi !
Je laisse la piste civilisée pour m’engouffrer dans la forêt, balayant les arbres pour retrouver les bandes phosphorescentes qui indique la piste à suivre.
La fin de la baie de Grande Anse des Salines. La piste devient plus nature, moins roulante. Quelques petites montées, des racines, un peu plus étroit. De quoi se divertir et rester éveillé ! La petite Anse des Salines passe rapidement, via un petit passage sablonneux qui chamboule un peu le rythme que j’avais pris, mais je me remets rapidement dans l’allure.
Un petit passage, et c’est l’Anse Meuniers. Longue anse que je longe par une sente en sous bois. Aucune difficulté. Je reste attentif à la moindre marque de balisage. D’autant que ma frontale commence à montrer des signes de faiblesse. Que se passe t il ?
Je ne l’ai tout simplement pas épargnée lors de la première nuit et je lui ai fait boire la tasse ! L’humidité restée à l’intérieur la fait court-circuiter ! Heureusement qu’il me reste ma H14 autour de la ceinture !
Fin de cette nouvelle anse.
Pointe Dunkerque. Plus que 3km ! A nouveau une petite bosse dans la forêt.
Le sentier devient un peu plus technique. Tout étant relatif, après 130km, la technicité parait toujours plus importante qu’au 5ème kilomètre !
Quelques marches, des racines à esquiver, des rochers à sauter, je longe la mer. L’hôtel est juste à coté…quelle tentation !
Je laisse la mer et m’engage dans un escalier. Trois marches en courant…le reste en marchant…il ne faut pas exagérer ! Et puis ma montre m’indique 18h34’…j’ai normalement largement le temps d’arriver avant mon objectif chrono !
Je termine ma volée d’escalier et repars à nouveau. Je ne tarde pas à arriver à un parking que je connais bien. Nous sommes au pied du complexe hôtelier, maintenant, il me reste 3 montées et c’est l’arrivée ! Pas bien loin de l’euphorie pour moi malgré la fatigue ! Mais qu’importe la fatigue, je n’ai aucune lassitude. Que du bonheur !
Je commence l’ascension (qui n’est finalement qu’un faux plat !) en trottant tranquillement, longeant les appartements.
Une maison sur la droite. Sortie du néant, une personne sort sur le balcon :
« Erik ? »
« Oui »
« Allez ! Bravo ! C’est bientôt terminé…”
Waow ! La communication fonctionne bien ! Il n’y avait pourtant pas beaucoup d’indice pour signaler mon arrivée. Il faut croire qu’il regardait CanalSat !
Quelques mètres plus loin, je suis à 15 mètres de mon appart’ !! Grrrr…
Je m’arrête pour marcher les 20m de montée qu’il me reste.
Plus que 2 et c’est l’arrivée !
Je relance dans la descente. Je lâche les freins et allonge au maximum.
Du bitume, je cours encore bien, et je commence à entendre un bruit sonore lointain : L’arrivée !
L’avant dernière montée ! Celle-ci non plus n’est pas bien longue, par contre elle est … très raide ! Pas d’autre choix que de la marcher ! Alors je marche. Bon train, mais en souplesse !
Et puis ça y est. Je suis en haut. Et là, la vue se dégage sur toute l’Anse de Sainte Anne. La ville est juste devant… je repars en galopant !
J’entre dans le village par le port, pour retrouver de l’autre coté la rue principale. Les gens me regardent étrangement… mais d’où je débarque ? Certains, en connaissance de cause, m’encouragent. C’est la fin !
Je traverse le village, et au bout de la rue, alors que je m’apprête à monter la bosse que je croyais la dernière, on me fait bifurquer à gauche, en direction de la mer !
Je récupère une piste qui la borde, et un 4×4 qui m’y attend.
Projecteur…feu !
Me voilà ébloui ! Surpris, je me cache les yeux pour au moins voir mes pieds ! Je m’y habitue progressivement et cette compagnie me relance, comme si je partais tout juste !
Je vois au loin dans la pinède le site d’arrivée tout éclairé, c’est bon, j’y suis !
Tournant à droite, dernière ligne droite. Je me sens presque voler… j’apprécie l’instant !
300… 200… 100… les barrières… l’arche ! Je peux lever le bras… j’ai traversé la Martinique.
J’ai gagné mon premier ultra. Je vais pouvoir… m’asseoir !

15h50’09’’…objectif atteint !
Micro radio, objectif photo, projecteur caméra…et Céline qui vient.
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Je remercie Pascal d’avoir avec son équipe concoqueté une si belle épreuve, le Maire de Sainte Marie de nous accueillir de telle manière.
Mais pas le temps de souffler, le plateau est prêt et m’attend ! Direction le direct…après 16h de terrain !
Je monte sur la plateau de Canal. Je salue celui qui m’avait accompagné quelques kilomètres sur la cote, la bise à la commentatrice, l’étreinte avec le grand et bon Ludo, la poignée de main avec le Maire, et je m’invite tout en prenant le micro qui m’est destiné.
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Ludo laisse la parole à … Marc Raquil !! C’est donc lui !
L’interview commence, on revit la course, je vois quelques images, certaines marquantes avec le « bêtisier » du jour, ma chute dans le guet du Vauclin sous l’œil de la caméra.

De grands moments. Des souvenirs qui resteront longtemps !

Résultat final :

1. Erik CLAVERY 15:50:09 Senior Homme Team ADIDAS
2. Antoine GUILLON 16:54:27 V1 Homme Team LAFUMA
3. Patrick BOHARD 17:36:48 V2 Homme Team LAFUMA
4. Pascal LERAY 18:48:43 V1 Homme Cote de Jade A.C.
5. Lionel TRIVEL 19:43:28 V1 Homme Team HOKA
6. Julia BOETTGER 21:26:17 V1 Femme Team SALOMON
7. Christophe LE SAUX 21:39:37 V1 Homme Team HOKA
8. Maurice LUCAS 21:49:16 V1 Homme Madinina Team
9. Laetitia PIBIS 22:15:53 Senior Femme Autriche
10. Widy GREGO 23:43:08 V2 Homme Poitiers EC

Et puis je les quitte, je vais me ravitailler et manger un peu.
Oh pas beaucoup, difficile d’ingurgiter grand-chose après un effort aussi long. Après un effort aussi difficile pour le système digestif !
Et puis c’est l’arrivée d’Antoine. Je le rejoins sur la ligne. Toujours le sourire aux lèvres. Un grand coureur !

Nous retournons ensemble sur le plateau pour passer encore un peu de temps à narrer notre journée et donner nos ressentis.
Kirtap arrive bientôt, nous le rejoignons sur la ligne.. Photo souvenir à trois.
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Virginie et Seb nous ont rejoint.
Nous grignotons un petit plat mitonné par le chef cuistot de l’épreuve, une spécialité locale que j’arrive sans peine à dévorer malgré mes difficultés d’après effort !
« Une bière ?
Non merci, sans façon ! »
Il est déjà 22h00 passées, la fatigue se faisant, j’ai quelques frissons qui me parcourent et les jambes refroidies qui se raidissent, rendant ma marche plus « robotique » !

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Une douche et au lit ! Une grosse et belle journée de terminée, des images pleins les yeux, des souvenirs pleins la tête, des moments inoubliables et des douleurs plein le corps !

Dimanche…
La journée de la veille est maintenant gravée. Aujourd’hui, c’est semi repos, et la journée débute avec une petite plongée dans la mer des Caraïbes au pied du complexe histoire de donner à mes jambes un bain salvateur et récupérateur et à mes cicatrices d’être nettoyées !
Mes pieds quant à eux…ce n’est plus qu’une douleur et des ongles noircis par les chocs répétés. J’en perdrais après quelques jours…7 sur 10 !!

Durant la nuit, Lionel a franchi la ligne et nous a retrouvés en cette matinée. C’est avec lui, Antoine, Seb, Kirtap et Virginie que nous mangeons le midi dans le centre de Sainte Anne, en bord de mer avant de rejoindre le site d’arrivée pour la cérémonie des récompenses.
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Aujourd’hui, je bannie les chaussures, ce sera savates…mes pieds ne peuvent supporter que les tongs !

Sur site, les derniers coureurs arrivent, puis la cérémonie débute.
Seb doit déjà repartir prendre son avion. Il ne verra pas le podium.
C’est le début du défilé des récompensés. Des lots en pagailles. De jolis trophées, quelques bouteilles locales, des souvenirs sympas et des paniers garnis…le retour en métropole va être dur, nous avons été gâtés !

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Et puis les podiums s’enchaînent. La cérémonie est clôturée.
En compagnie de Kirtap et d’Antoine, je rejoins le plateau de CanalSat Caraïbes pour un nouveau direct. Nous y retrouvons Ludo, fatigué de 3 jours de direct mais toujours au top !
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Nous revivons à nouveau la course, ses points forts, ses revirements de situation, ses doutes, ses surprises, ses beautés.
Le plateau se conclut par une coupe de champagne en compagnie de l’ensemble de l’équipe de télévision. Une belle ambiance où nous découvrons quelques personnalités bien sympathiques.
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La journée s’achève, mais nous la poursuivons autour d’un buffet où nous invitent nos hôtes de CanalSat. Une belle fête, quelques verres de punch local, de la musique, de l’ambiance, du rire.

La course est terminée. Maintenant, place au repos !
Et ce lundi restera une belle journée. Kirtap et Virginie s’en allant, nous partons avec Antoine et Lionel à Petite Anse Caritan nager avec les tortues ! On ne s’en lasse pas.
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Antoine, Erik & Lionel

Grand soleil et mer couleur Caraïbes…normal ! Des poissons de toutes formes, de toutes couleurs. Un resto sur la plage en l’honneur de l’anniversaire de Lionel (MERCI !)
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Après une belle journée de vadrouille, nous prenons l’apéro à l’appart’ pour fêter à nouveau comme il se doit en compagnie de l’ami Ludo l’anniversaire de notre Lionel.
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Le punch y coule à flot, l’anniversaire de Lionel est arrosé et re-arrosé !
Nous terminons sur la guinguette qui borde la mer où nous ont rejoint quelques responsables de l’équipe de télé.
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Baignade mémorable à 2h du matin avec Ludo et Lionel à escalader les structures gonflables, escalade en mer ! L’ambiance est à la gaieté et chaleureuse sous les tropiques !

Mais toute bonne chose ayant une fin, nous retournons à nos appartements, et le lendemain, c’est repli des bagages. Le retour en métropole est imminent.
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Un dernier problème se pose à moi, les bagages. 23kg autorisés par personne, Céline et moi en avons…30 chacun !
A l’aéroport, nous retrouvons Pascal, je lui explique le problème, nous allons au bureau de CorsairFly…nous expliquons, et tout en expliquant ma situation, la personne qui nous écoute m’annonce « mais non, il n’y a pas de problème, vous êtes surclassés » et avons donc le droit à 2 x 32kg de bagages par personne !!!
Un geste on ne peut plus touchant de Karine, la responsable de Corsair Caraïbes, qui ayant su ma performance, et ce malgré le fait qu’elle soit en vacances, a pris la responsabilité de nous surclasser !
Une dernière récompense qui nous va droit au cœur ! Nous pouvons donc embarquer avec trophées (et bouteilles !!!), sans encombres !

Merci Karine, merci Pascal, merci Eric, merci Gérard, merci à l’organisation tout entière, merci Antoine, merci Lionel, merci Kirtap, merci la Virginie, merci Seb, merci ma chérie…encore un moment de vie inoubliable !

Embarqués, nous sommes accueillis avec champagne, puis punch, fois gras, et quelques bons plats bien agréables, installés à nos spacieuses places !
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Le décollage effectué, nous avons même le privilège de rejoindre les pilotes dans leur cabine pour une heure d’explication sur le fonctionnement de l’avion. Un moment bien sympa

Nous quittons la Martinique…32°C…

9h de vol plus tard…Paris. 3°C…

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Nous voilà arrivés, retour sur terre !
Et vivement les prochaines épopées !!

One Comment

  1. Raphaël Homat

    27 mars 2018 at 14 h 38 min

    Bravo pour ce récit et surtout pour cette performance !!

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